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La famille Bibas en détresse

“Le moment de la vengeance n’est pas encore venu” : la lettre de Yarden Bibas au Premier ministre, lue devant lui à la Knesset

Grâce au député Chili Tropper, le survivant de captivité Yarden Bibas s’est adressé au Premier ministre Benjamín Netanyahou depuis la tribune de la Knesset, l’invitant à venir à Nir Oz et réclamant l’ouverture d’une commission d’enquête nationale.
“Tant de citoyens ont demandé pardon, mais si peu de politiciens l’ont fait”, a-t-il déclaré. Il a également appelé à la libération des frères Ariel et David Cunio, encore retenus en captivité, ajoutant : “Une fois que tous les otages auront été libérés, je serai le premier à soutenir toute action visant à anéantir le Hamas.”

Un appel poignant au Premier ministre

Le député Chili Tropper, du parti Unité nationale, a lu à la Knesset une lettre de Yarden Bibas adressée au Premier ministre Benjamín Netanyahou, réclamant l’ouverture d’une commission d’enquête nationale.

📜 “Je m’appelle Yarden Bibas, et au moment où mon discours est lu devant vous, je suis en train d’observer les sept jours de deuil (shiva) pour mon épouse Shiri et mes enfants Kfir et Ariel.”

Cet appel a été fait dans le cadre d’un débat spécial à la Knesset, lors duquel Netanyahou était tenu d’être présent, et où la question d’une enquête officielle sur les événements du 7 octobre a été soulevée.

Dans sa lettre, Bibas a mis en avant la tragédie de ses deux fils :

📜 “Ariel et Kfir étaient des enfants innocents et purs, enlevés à leur foyer et assassinés en captivité. On aurait pu et on aurait dû les sauver.”

Il a dénoncé l’inaction des autorités lors de l’attaque meurtrière du Hamas contre le kibboutz Nir Oz :

📜 “Les terroristes ont envahi Nir Oz en sandales. Ma famille et moi avons été enlevés avec une cruauté indescriptible. Ce matin-là, l’État d’Israël n’était pas à Nir Oz. Seuls des héros locaux – les membres des unités d’urgence et des combattants courageux – ont fait tout leur possible, jusqu’à en payer de leur vie. Et aujourd’hui, 514 jours après cette tragédie, je suis revenu de Gaza à une réalité insoutenable : j’ai dû enterrer toute ma famille en une seule journée. Je ne souhaite à personne de vivre un tel cauchemar.”

“Le moment de la vengeance n’est pas encore venu”

Malgré l’immense douleur qui le ronge, Bibas a lancé un appel à Netanyahou :

📜 “À cet instant, je vous demande de vous arrêter – le moment de la vengeance n’est pas encore venu. À ce stade, nous avons un devoir sacré : ramener immédiatement nos frères en captivité, y compris mon meilleur ami David Cunio et son frère Ariel. David est mon ami depuis la première année d’école primaire, mon voisin du kibboutz, et il croupit aujourd’hui dans les tunnels du Hamas. Je sais que je ne reverrai plus jamais mes enfants et mon épouse, mais Emma et Yuli, les filles de David, qui ont elles aussi été enlevées à Gaza alors qu’elles n’avaient que trois ans, attendent désespérément de pouvoir le serrer dans leurs bras. Sa femme Sharon mérite aussi de le retrouver.”

Il a conclu avec un engagement :

📜 “Une fois que David et tous les otages seront revenus, je serai le premier à soutenir toute action pour anéantir le Hamas. En tant qu’habitant de Nir Oz, je sais que nous devrons mettre un terme à la menace terroriste, car sans cela, nous n’aurons jamais de sécurité. Mais nous devons toujours préserver la sacralité de la vie, respecter les morts et ne laisser personne derrière nous. Sinon, nous aurons perdu notre humanité.”

“514 jours se sont écoulés et vous n’avez toujours pas assumé vos responsabilités”

Dans sa lettre, Bibas a directement interpellé Netanyahou :

📜 “Monsieur le Premier ministre, cela fait 514 jours et nuits que vous et votre gouvernement n’avez toujours pas assumé vos responsabilités. L’exigence d’une commission d’enquête nationale est une demande unanime du peuple d’Israël – 83 % des citoyens israéliens la réclament, ainsi que 1 500 familles du Conseil d’Octobre, dont la mienne. Cette commission n’a pas pour but de mener une chasse aux sorcières, mais d’en tirer des leçons pour empêcher une prochaine catastrophe.”

Il l’a exhorté à agir sans délai :

📜 “Je vous appelle, Monsieur le Premier ministre : unissez le peuple d’Israël, apportez-nous un peu de réconfort, respectez la volonté du peuple et des familles. Annoncez dès aujourd’hui la création d’une commission d’enquête nationale qui renforcera la sécurité d’Israël, évitera une nouvelle tragédie et nous apportera enfin des réponses. Comment se fait-il que Kfir, neuf mois, et Ariel, quatre ans, aient été enlevés et assassinés aux côtés de leur mère Shiri avec une cruauté inimaginable ? Comment est-il possible qu’après des heures passées enfermés dans l’abri sécurisé, personne ne soit venu nous secourir ?”

Dans un moment d’émotion, Bibas a exprimé sa propre culpabilité :

📜 “Je me demande sans cesse si j’aurais pu mieux protéger ma femme et mes enfants. Cela me ronge de l’intérieur. Je n’avais qu’un simple pistolet, et j’étais un civil ordinaire, dans un kibboutz paisible. Est-ce que vous pensez à cela ? Est-ce que vous aussi, vous avez du mal à dormir la nuit, rongés par le poids de votre responsabilité ? Êtes-vous capables de le dire à voix haute, en des termes clairs ?”

“Tant de citoyens demandent pardon, mais si peu de politiciens le font”

Dans un passage percutant de sa lettre, Bibas a dénoncé l’attitude du gouvernement :

📜 “Tant de citoyens demandent pardon. Si peu de politiciens demandent pardon. Tant de citoyens et de soldats prennent leurs responsabilités. Si peu de membres du gouvernement en font autant. Ma sœur, Ofri, a dit quelque chose lors des funérailles qui m’a profondément marqué : ‘Demander pardon signifie assumer sa responsabilité et s’engager à agir autrement, à apprendre de ses erreurs. Il n’y a pas de véritable pardon tant que les manquements n’ont pas été examinés et que tous les responsables n’ont pas été tenus pour comptables de leurs actes. Notre tragédie, en tant que peuple et en tant que famille, n’aurait jamais dû arriver. Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise jamais, jamais plus.”

“Ce qui nous reste, c’est l’unité du peuple”

À la fin de sa lettre, Bibas a affirmé ne pas chercher à régler des comptes, mais à aller de l’avant :

📜 “Je n’ai aucun intérêt à régler mes comptes avec le passé. J’essaie de rassembler mes forces pour regarder vers l’avenir. Je demande à chacun de faire tout son possible pour que nous soyons un peuple plus fort et plus uni. Depuis la voiture qui nous transportait lors des funérailles, j’ai vu le peuple d’Israël : un pays brisé, des religieux, des laïcs et des ultra-orthodoxes, debout ensemble avec des drapeaux et des larmes. Je ne connaissais pas ces gens, mais je sentais qu’ils étaient mes frères et mes sœurs.”

Enfin, il a interpellé Netanyahou sur la mission de son gouvernement :

📜 “Que faites-vous, en tant que dirigeants, pour préserver cette unité ? Vous réveillez-vous chaque matin avec l’intention de diviser ou de renforcer notre cohésion ? Cette mission est tout aussi cruciale que celle d’envoyer des avions bombarder nos ennemis. C’est notre force, c’est notre esprit.”

Il a conclu en invitant Netanyahou à l’accompagner à Nir Oz pour constater lui-même la réalité du terrain.

Source : https://www.ynet.co.il/news/article/skdg4rxi1e#autoplay

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