Netanyaou/BIBI ISRAEL QATAR HAMAS

Israël a demandé au Qatar, à la veille du 7 octobre, d’augmenter les transferts d’argent vers le Hamas

Quand tu ouvres ton journal et que tu lis ceci ! Tu demandes comment certaines personnes se préparent à voter pour que cet individu soit au pouvoir. D’autant plus qu’il n’est jamais décendu de son trône pour dire qu’il s’excusait ou même qu’il était responsable de cette politique qui a mené au 7 octobre. À la manière des dictateurs, c’est toujours l’opposition qui est responsable des mauvaises choses et la majorité qui s’attribue les victoires et les réussites. Cette manière unilatérale d’agir ne semble par déranger ses fans – au contraire !


Révélation

Le gouvernement israélien ne s’est pas contenté de faire pression sur le Qatar pour qu’il poursuive le financement de l’organisation terroriste Hamas. En septembre 2023, une réunion secrète s’est tenue à Jérusalem entre un haut responsable qatari et des représentants israéliens. La demande : conformément aux exigences du Hamas, augmenter les transferts de fonds destinés à l’achat de carburants, dont la revente finançait la poursuite du régime du Hamas dans la bande de Gaza.

Au début du mois de septembre 2023, une réunion importante s’est tenue dans un hôtel de Jérusalem. Lors de cette rencontre, des représentants officiels d’Israël ont demandé à un haut responsable qatari d’augmenter les transferts d’argent vers le Hamas à Gaza — des fonds dont ils savaient, tout comme le représentant qatari, qu’ils n’étaient pas destinés à des familles palestiniennes dans le besoin, mais directement au pouvoir du Hamas.

Jusqu’à présent, il avait été rapporté — notamment dans une enquête publiée par le New York Times en décembre 2023 — qu’Israël avait demandé à Doha de poursuivre ces transferts de fonds. Il apparaît désormais qu’Israël est allé plus loin : elle a œuvré activement à leur augmentation, face aux menaces du Hamas d’une escalade dans la bande de Gaza.


Une réunion sous haute tension

L’invité d’honneur de cette réunion était Mohammed al-Emadi, haut responsable qatari chargé depuis des années du transfert de centaines de millions de dollars au Hamas — avec la connaissance et l’aval des gouvernements israéliens successifs.

À l’approche de cette rencontre, les tensions étaient vives au sein du système sécuritaire et politique israélien, en raison de l’échauffement de la frontière avec Gaza et des discussions sur un possible renouvellement des « marches du retour ».


La menace des « camps du retour »

La semaine même de l’arrivée d’al-Emadi en Israël, les services de sécurité israéliens ont reçu des informations — basées sur des rapports de l’Autorité palestinienne et de la presse palestinienne — indiquant que le Hamas réactivait les “camps du retour” dans le nord-est de la bande de Gaza, en les préparant à l’aide d’engins lourds.
Date : 30 août 2023.

Du côté israélien, participaient à la réunion — sur instruction du pouvoir politique — le chef du district Sud du Shin Bet (connu sous le nom de code « Oscar »), le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, le général Rassan Alian, ainsi que des représentants d’autres organismes de sécurité.

L’objectif : traiter les revendications et exigences du Hamas.
Le contexte : l’évaluation unanime des services de sécurité selon laquelle le Hamas ne souhaitait pas une escalade, mais utilisait les affrontements autour de la barrière pour obtenir des allègements économiques.


Le mécanisme du carburant

Environ un mois avant cette réunion, un autre haut responsable qatari était entré à Gaza pour préparer la visite d’al-Emadi. Il y avait rencontré Yahya Sinwar, Rawhi Mushtaha et d’autres responsables du Hamas.

À sa sortie de Gaza, le message transmis à Israël était clair : le Hamas ne cherchait pas l’escalade et voulait préserver la stabilité.

Sinwar avait demandé :

  • une augmentation de l’allocation de carburant pour la centrale électrique durant les mois d’août et septembre, en raison de la chaleur estivale ;

  • une hausse de l’achat de carburant en provenance d’Égypte — financée par le Qatar — de 3 millions à 7 millions de dollars par mois.

Selon les messages transmis, le diplomate qatari avait répondu au Hamas que le Qatar n’était pas disposé à accepter ces conditions.


« Calme contre carburant »

Il convient ici d’expliquer le mécanisme circulaire mis en place :
Depuis fin 2021, afin d’éviter un transfert direct d’argent liquide au Hamas, Israël, le Qatar et Sinwar avaient convenu que le Qatar achèterait du carburant en Égypte, livré ensuite au Hamas. Celui-ci revendait ensuite ce carburant aux stations-service de Gaza.

Les montants semblaient modestes — entre 3 et 10 millions de dollars — mais le Hamas en tirait des bénéfices bien plus importants, utilisés notamment pour payer les fonctionnaires de son régime.
Il ne s’agissait pas d’une aide humanitaire destinée aux populations défavorisées.

L’échauffement à Gaza et la reprise des marches du retour — qui se révéleront a posteriori être un exercice de tromperie du Hamas — ont été interprétés par le Shin Bet, le renseignement militaire (Aman) et le COGAT comme une tentative de pression pour faire entrer davantage d’argent dans la bande de Gaza.


Une politique assumée au plus haut niveau

Plus tard en septembre 2023, le chef du Mossad, Dadi Barnea, s’est rendu à Doha pour tenter d’organiser la poursuite des transferts financiers.
Comme l’a rapporté le New York Times, les responsables qataris lui ont demandé s’ils devaient continuer ces transferts. Il a répondu par l’affirmative, sur instruction du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Il est important de rappeler que Barnea, avant même son entrée en fonction, s’était fermement opposé à ces financements. Le chef du Shin Bet Ronen Bar, tout comme son prédécesseur Nadav Argaman, y étaient également opposés.

C’est Netanyahu qui, à plusieurs reprises, a fixé la priorité stratégique : préserver le calme à Gaza, presque à n’importe quel prix, et a ordonné de régler cette question avec le Qatar.


Conclusion

Cette directive reposait sur l’évaluation des services de sécurité selon laquelle le Hamas souhaitait le calme et cherchait à faire pression sur Israël — combinée à l’échec du renseignement à détecter ses intentions d’attaque contre Israël.

Mais il apparaît désormais que le gouvernement israélien ne s’est pas limité à maintenir les transferts financiers du Qatar vers le Hamas :
il a cherché à les augmenter, ainsi qu’à accorder des allègements supplémentaires, à la demande directe de Sinwar, dans une tentative désespérée d’acheter le calme.